Les années 80 marquent l'arrivée d'une nouvelle génération de stylistes Japonais. Ce qui permet aux jeunes créateurs de mode de se faire une place c’est le départ des « maîtres » l; Kenzo Takada et Issey Miyake se retirent en 1999. Les vêtements sont alors plus sobres et moins excentriques. Le noir est plus largement utilisé, les lignes s"européanisent". Tout d’abord parlons de Yohji Yamamoto :

Yohji Yamamoto

Yohji Yamamoto est né à Tokyo en 1943. Diplômé de la prestigieuse Université de Keio et du Bunka Fashion College (Bunkafukuso Gakuin), Yamamoto est un grand fan de Bob Dylan et excelle à l'harmonica. Il se lance dans la création de prêt-à-porter féminin en 1970. Deux ans plus tard, il crée sa propre marque sous le nom d' Y’s et présente sa première collection à Tokyo en 1977. Son style est reconnu mondialement après son défilé printemps/été 83 à Paris. Il est le seul créateur japonais à Au cœur du travail de Yojhi Yamamoto : la matière. Elle domine le reste si bien que la couleur est la plupart du temps absente de ses créations : le noir suffit. La matière avant tout, donc.avoir été ordonné Chevalier français de l'Ordre des Arts et des Lettres.

Defilé Yamamoto

Il est le représentant d’une esthétique épurée et minimaliste. Dès ses débuts, il a pris le parti de faire une mode différente de celle existante, de celle très glamour et féminine tendance à l’époque . Sa mère lui a insufflé l’envie de coudre et de créer , elle-même couturière, elle est fort présente a ses cotés. Lui suit des études de droit à l’Université de Keio, dont il sort diplômé en 1966. Puis des études de mode à l’Ecole Bunko Fukuso, dont il est diplômé en 1969. Trois ans plus tard, la marque Y’s est née. C’est à Tokyo, la ville de sa naissance, qu’il présente sa première collection, suivie d’une présentation à Paris en 1981. En 1984, il dévoile ses premières créations masculines. Cols suspendus, larges volumes, robes vaporeuses ou bouffantes, disproportion et asymétrie finement dosées et pensées sont quelques-uns des éléments de la mode signée Yohji Yamamoto.


Signature de Yohji Yamamoto

Pour les femmes il imagine une panoplie de vêtements sorties d’un vestiaire. Mais ce qui l’inspire le plus ce sont les tissus, il aime trouver des coupes originales et complexes qui mettent en valeur les matières. Il taille ses modèles dans des matières un peu vieillies, des motifs sobres et des couleurs sombres : la ligne Yohji Yamamoto + noir est presque totalement noire. Elle apparaît en 1995.


Magasin design Yamamoto

Prolifique Yamaoto, outre ses créations homme et femme dans le textile, crée un parfum et collabore avec adidas pour une ligne de sportswear. On lui doit également plusieurs costumes d’opéras de Wagner et Puccini, ainsi que les tenues des films de son compatriote Takeshi Kitano, Aniki mon frère et Dolls. Propulsé par la réussite des ses collections, Il crée également La ligne Y’s for living ( meubles etc). En 2005, le Musée de la mode et du textile, à Paris, lui a rendu un vaste hommage avec une exposition intitulée « Juste des vêtements ». Quelque 90 vêtements issus de 30 années de création y étaient exposées.





L’autre designer qui m’a fortement marqué et qui me semble être un des catalyseur de la mode d’aujourd’hui est la créatrice de Comme des Garçons :

Rei Kawakubo

C’est plus facile de détruire les codes si on ne les a jamais appris», ecrit Rei Kawakubo. Pour elle l’anti-establishment est une ligne de conduite à base de rébellion et d’insoumission aux règles du métier. Un style sauvage, inclassable ; « Comme des garçons n’est pas pour tout le monde » …Comme des garçons la ligne crée par Rei ; des vêtements fait de laines bouillies aux volumes surprenant et inattendus.



Morphisme de matière

Elle pense le vêtement comme un objet, comme une sculpture, comme un être à part entière, tous sont unanime dans le milieu de la mode, son travail est unique et inspiré. Evergreen la deuxième ligne de Kawakubo et de Watanabe (son élève qui est devenue son associée ), réedite les anciens modèles de CDG, à la demande de la clientèle, enfin réedite …elles les prennent en point de départ pour les revisiter entièrement.





Défilé de mode

Rei est a contre courant dans tous les domaines qu’elle explore : vêtements, meubles, collaborations avec des musiciens et chorégraphes de l’underground nippo-américain (Seigen Ono, John Zorn, Merce Cunningham), images de mailings chocs signées Cindy Sherman. Selon Rei, « toute identité » a le potentiel de se renouveler à travers un processus de radicalisation. Que ce soit avec une fragrance aromatique (depuis Odeur 53 et ses effluves insinuants de caoutchouc brûlé), ou dans la conception architecturale de ses boutiques, elle a toujours été à contre-courant.

Ces trois designers prouvent combien la culture japonaise mixée à celle de l’occident crée un genre complètement inattendu et exceptionnel, la rigueur lié au talent et à l’inventivité.

Sayônara !