Ancêtre du manga

Le manga que nous connaissons aujourd’hui, celui avec ses genres très diversifiés, ses lecteurs et lectrices ciblés en fonction de leur ages et de leur attentes, celui au trait de crayon reconnaissable, celui aux codes parfois insolubles et étranges, à l’esthétique quasi parfaite quelque soit le thème abordé…. a connu plusieurs grandes étapes dans son évolution.

A l’origine, le terme Manga signifie « image dérisoire ». Le mot fut inventé par le caricaturiste Katsushika Hokusai (1760-1849).

Le plus connu de ses dessins met en scène des singes, des lapins, des grenouilles qui tels des humains, s'entraînent au Sumo. C'est aussi le premier manga humoristique de l'histoire. C'est à l'époque d'Edo, en 1814 exactement, que Katsuhika Hokusai présente le « Hokusai Manga » (littéralement Manga de Hokusai). Ses oeuvres traitent de la vie du peuple à Edo, et ont eu une forte influence sur de nombreux peintres impressionnistes

Manga populaire japonais

Ses mangas représentaient des personnages populaires à l’époque sous des dehors comiques. Mais on peut retrouver des carnets de voyages des paysans et de colporteurs datant du 12 ème siècle, on peut l’y voir des histoires racontées à l’aide d’illustration et de textes. Ce style de page narrative s’appelait : l'ukiyo-e : estampe divertissante et facile à comprendre pour le plus grand nombre.. Ce sont sûrement là l’origine des mangas. Le Manga prendra véritablement son essor après la deuxième guerre mondiale.

Le mangaka est le terme utilisé pour nommé le dessinateur des mangas. Son travail est assez soutenu et stressant en effet parfois selon les aléas des demandes des éditeurs ou l’engouement du public il peut être « contraint » à continuer son histoire alors qu’il en avait prévu la fin… ou au contraire certains mangas n’ont ni suite ni fin pour faute d’avoir trouver son public.

Un mangaka

Par ailleurs il doit réceptif et très rapide car le rythme des parution est assez élevé. Le sens de lecture des mangas est à l’inverse de notre sens de lecture occidentale, il faut donc les lire de droite à gauche c’est en effet le sens de lecture. Cela amène une certaine confusion puisque la lecture des mots se fait alors dans le sens inverse de celui des cases (ce qui n'est pas le cas au Japon). Evidemment le jeune public s’adapte facilement, habitué à être polyvalent au niveau de l’intégration des données qu’on lui fournit, ce qui n’est pas le cas pour les adultes qui éprouvent plus de difficultés à intégrer un nouveaux mode de lecture..

Lors de l’occupation américaine les dessinateurs de mangas sont sous influence… la forme la plus répandus de littérature facile les « comics-strips » américains s’emparent des quotidiens japonais… c’est pourquoi les mangakas sentent le vent tourné et s’approprient le style de ses nouvelles bande dessinée.

Tezuka Osamu

Tezuka Osamu est l’un d’eux, lui est subjugué par le talent et la forme de narration de Walt Disney ce qui va lui permettre de révolutionner et de donner un nouvelle vie au mangas japonais. Il intègre toute les nouvelles techniques… avant les personnages étaient toujours dessinés en pied. Là il découvre que l’on peut faire des gros plans sur différentes parties du corps afin de mieux faire passer les émotions, mais bien plus important il fait bouger ses personnages a l’aide de traits apparents qui suggèrent le mouvement et en introduisant également des onomatopées soulignant toutes les actions comportant un déplacement, mais aussi et surtout par l'alternance des plans et des cadrages comme il est en usage au cinéma. Le but ultime de Tezuka est de réaliser des animations et c’est lui qui va réaliser ,vous savez,le fameux «Astro le petit robot» première série pour un programme télévisuel japonais en 1963.

Astro le Petit Robot

Le manga prend de plus en plus une tournure commerciale…. en effet outre le passage du papier à l’écran… certains mangas sont inspirés de jouets ou de jeux vidéos. En ce qui concerne le manga papier Tesuka va plus loin et décide d’explorer de nouveaux terrains tel que le manga pour adulte ou pour filles, il le fait avec brio et parvient a toucher de nombreux nouveaux lecteurs et lectrices. Dans les années soixante avec ce genre d’ouvrages il peut aborder des sujets plus complexes et plus intéressants que dans les mangas exclusivement proposés aux enfants tout en gardant sa patte, son sens de l’humour ces positions pacifiques et son angoisse de la prise de pouvoir de la science sur l’homme.

Si nous voulons faire un petit tour des mangas les plus connus : Astro Boy, Dragon Ball, Robot Carnaval (animation)… ils sont automatiquement retraités sous forme de multiples produit tel que les jeux vidéo et les jouets… Ce marché est important dans la mesure où 80 % des japonais ont une console de jeux. On peut lire dans certains sondages que les japonais passent plus de 3 h devant la télé ou la console, les japonaises vont jusqu'à passer 5 heures.. !

Un manga moderne

Désormais mondiale, la culture manga touche toutes les catégories de population et s'adapte encore une fois à cette nouvelle donne. Le marché du manga représente au Japon 520 milliards de yen ( 4 milliards 43 millions d'euros alors que l'animation représente 1 milliard 244 millions d'euros, et les produits dérivés 7 millions 700 000 euros). C'est un gigantesque marché qui a longtemps connu une croissance forte. En Europe, la France est le premier marché avec 260 millions d'euros.

Il n’y a plus qu’une chose à faire se plonger dans cet univers extrêmement riche et intéressant et nous n’aurions pas d’excuses de ne pas tenter de le découvrir car les thèmes abordés sont d’une telle variété qu il me semble compliqué de ne pas en trouver un qui nous plaise !!!!

Sayônara !