La peinture japonaise

Aussi loin que l’on remonte, la peinture est essentiellement décorative, mais limitée à deux dimensions; elle se doit d’être expressive. Le trait est la base unique de l’image comme le signe l’est au message. Les liens entre la calligraphie et la peinture sont d’ailleurs évidents.

Dès l’âge de Nara, il existait un « bureau de peinture » à la cour. Quelques fresques très anciennes et des portraits de personnages influents de cette époque ont été retrouvés et attestent de l’influence du style chinois. Les premiers copistes, moines pour la plupart, et fondateurs de la peinture japonaise, travaillèrent sur des tissus à partir d’illustrations bouddhiques. Ils multipliaient, à l’encre, des motifs religieux.

L’âge d’or de Heian (VIII-XIIe) ouvre de nouvelles voies à la peinture en lui imposant une élaboration croissante. La sensibilité se fait moins mystique, le goût s’affirme pour les couleurs douces et la sérénité des formes. Lorsque les relations avec la Chine se distendent, la peinture a recours avant tout à des thèmes d’inspirations avant tout nationaux.

La peinture japonaise

Le terme non restrictif de Yamato-e peut s’appliquer à cette peinture édifiante, et au demeurant profane. Ce sont des rouleaux qu’on utilise le plus couramment pour recevoir les couleurs; celles-ci sont posées en aplat, une fois les contours des personnages tracés à l’encre, sur la feuille.

Les récits historiques, les scènes pastorales constituent les sources principales de ces illustrations. Une certaine préciosité n’est pas sans rappeler nos enluminures médiévales. Cependant un sens nouveau de la perspective permet au dessin de devenir plus fluide.

La peinture japonaise

La prépondérance politique des shoguns entraîne des modifications notables dans la vie culturelle. Au romantisme va succéder un réalisme appuyé. Les sujets, présentés sous forme de contes, sont peints sur des rouleaux horizontaux, les makimono.

Les paysages sont traités avec un grand souci de vérité et les couleurs sont désormais couramment utilisées. Les thèmes profanes et guerriers supplantent les thèmes religieux. Toyo Sesshu marque la période de façon nette. Sa peinture à l’encre est l’une des gloires du Japon.

A l’époque Momoyama (XVI-XVIIe), période riche et féconde, certains artistes se rattachent aux maîtres chinois, d’autres au contraire innovent et élaborent des grandioses compositions. La société Edo (XVII-XVIIIe) connaissant de rapides progrès, démocratise l’art. Les écoles, dont les courants s’étaient amorcés au siècle précèdent, fleurissent : Kano, Tosa, Korin, Manga.

La peinture japonaise

Cependant, parmi les différents formes de peinture japonaise, celles qui semblent avoir joui de toutes les faveurs sont les estampes des XVIII et XIXe siècles dites de l’Ukiyo-e, c'est-à-dire «les images d’un monde flottant».

Elles joignent l’habileté à l’originalité des sujets, et deviennent, en reproduisant de façon illimitée une œuvre unique, un moyen de communication artistique privilégié. Les couleurs prennent du relief, le trait devient plus souple encore, la perspective crée de nouvelles illusions de profondeurs; en un mot tout reflète la vie saisie dans le moment même de son action.

Dans son ensemble l’art de l’estampe est le plus joyeux, et, se rapportant à tous les aspects de l’existence et de la nature, il est de ce fait populaire.

La peinture japonaise

Ayant en 1788 publié un très délicat « livre des insectes », Kitgawa Utamaro se consacre aux portraits de femmes.

Après 1868, tout en s’efforçant de maintenir l’héritage du passé, les artistes se dirigent vers de nouvelles formes de peinture. Les créateurs modernes comme Satokey ou Higashiyama, tout en évoluant vers le contemporain, ont gardé une forte empreinte de leurs grands ancêtres.

Sayônara !