Depuis le milieu du VIème siècle, on voit apparaître au Japon des inscriptions sur pierre et métal au moyen de caractères idéographiques empruntés à la Chine. L’idéogramme, le Kanji, en concrétisant la parole condensait ainsi le savoir. Le Japon très naturellement adopta cette écriture qui s’ajouta à la sienne, élaboré depuis le IXème siècle.

La Calligraphie

Vers le XIème siècle, l’écriture Kana avait atteint un graphisme parfait. Elle évolua cependant selon deux formes distinctes : le Katakana, écriture relativement simple, horizontale ou verticale, couramment utilisée pour les mots récents; le Hiragana, plus artistique, écrit de haut en bas, servant de base à la grammaire. Avec 2000 idéogrammes, estime-t-on, on est un lettré !

Les japonais sont à juste titre fiers de leur langue, qui appartient à leur famille altaïque. L’écriture, quant à elle, doit selon la tradition « courir sur le papier comme coule une eau vive ». Il n’y a ni genres ni articles, ni présent ni futur, ou alors confondus, et les propositions se soudent aux mots pour en faire ce que les spécialistes appellent, d’un nom éloquent, une langue agglutinante. La transcription du japonais selon le système Hepburn, universellement admis, a notablement aidé les étrangers.

Si les japonais utilisent les chiffres arabes, les méthodes pour compter sont nombreuses, car on ne dénombre pas les hommes, les jours et les animaux de la même façon. Le « japanglais » conquiert chaque jour un droit de cité grandissant. Il existe également un langage argotique. Les femmes usent de certains termes, ignorés des hommes. Trois grands parlers se repartissent le territoire : celui de l’Est, qui va de Tokyo au nord de Honshu; celui de l’ouest, sur la cote occidentale et jusqu’à Shikoku, et le parler de Kyushu au sud.

Sauf exception, l’Occident ne peut connaître la littérature japonaise que par le biais de la traduction. A l’origine, la transmission orale fut prédominante; les textes anciens sont à la fois chroniques et poèmes d’historiques. A partir du IXème siècle, cadencés selon des rythmes précis, les poèmes décrivent avec emphase les beautés de la nature. La prose fait son apparition et les contes, en général anonymes, se multiplient.

Dans un style déclamatoire, ils parlent de princesse de lune, de coupeurs de bambous et de temples merveilleux. Les journaux relatent sur un ton recherché la vie impériale. Les militaires donnent un tour plus guerriers au récit, qui s’apparent à nos chansons de geste. Durant l’ère Muromachi se fait jour peu à peu ce qui va devenir la forme la plus célèbre du théâtre japonais, le nô, basé des l’origine sur une poésie déclamée.

La Calligraphie

La littérature japonaise moderne (fin du XIXème siècle jusqu'à nos jours) correspond à l'ouverture du Japon et à son exposition au monde occidental. Une seule forme littéraire tend à se développer dans cette période : le shi-shôsetsu (ou "watakushi-shôsetsu", roman à la première personne). Ces courtes histoires ont pour personnage principal l'écrivain lui-même et ont une allure assez confessionnelle dans leur façon de transmettre les expériences signifiantes de la vie de l'auteur.

La littérature moderne combine les influences existentialistes des anciens écrits zen et les réalités du monde actuel en les plaçant dans un contexte moderne où le progrès rapide ne sert qu'à exacerber le sentiment d'aliénation ressenti par l'auteur. Parallèlement, il existe aussi une littérature qui essaye de capturer les sensations et histoires des animes, mangas et jeux vidéo par écrit.

C'est un échange à double sens et certains écrits sont repris pour être mis en images et transformés en manga par exemple. Bien que ce type de littérature soit mal vu par les autorités littéraires traditionnelles, elles ont cependant un effet positif, encourageant les jeunes gens à lire davantage.

La Calligraphie

On dit que les calligraphes sont toujours un peu magiciens. Maîtriser un pinceau que l’on tient bien droit, éviter les débordements de l’encre sur une feuille qui est fragile, commander à la main le dessin voulu par l’esprit relèvent en effet de la virtuosité.

En quelques traits simples, rapides, le calligraphe insuffle à la ligne le mouvement qui suffit à convaincre. Art difficile, que les générations se transmettent depuis l’âge d’or de Heian. Au IVème siècle un maître Chinois fixa l’enseignement des formes.

Quelques artistes japonais, comme Tofu, embellirent encore cet héritage. Le recours au cursive est le signe de la compétence. La race du geste est l’apanage des meilleurs calligraphes qui, sur un support déterminé, vont donner une transcription directe de leur pensée. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, l'espace blanc laissé par le calligraphe revêt une importance considérable.

La Calligraphie

Cette surface blanche ne relève pas d'une simple économie de papier, comme c'est le cas pour la peinture occidentale, elle constitue au contraire la pierre angulaire de l'oeuvre. Les espaces blancs prennent vie et créent un effet de profondeur lorsque l'artiste parvient à fusionner avec son sujet. Le taoïsme est à l'origine de ce concept influencé lui-même par le Bouddhisme zen. L'espace blanc laissé par le calligraphe est une référence directe à la religion et peut, au premier abord, déconcerter les artistes occidentaux.

En Occident en effet, on ne demande pas au peintre de se fondre dans l'objet qu'il représente pour restituer son âme. Cette philosophie recèle toutefois un énorme potentiel. La calligraphie d'Extrême Orient favorise l'expression personnelle dans toute sa plénitude. Elle exige de la spontanéité mais aussi une intégration harmonieuse de l'esprit dans sa création. Le calligraphe, tel un musicien pose ses notes de couleur sur le papier. L'harmonie n'est pas seulement sur la feuille, elle est dans le geste tout entier.

Même modernisé la calligraphie garde sa valeur mystérieuse. Pour mieux faire passer dans l’encre son énergie concentrée, le calligraphe adopte la posture la plus recueillies qui soit : il se met à genoux…