Femme japonaise

La famille a longtemps reposé sur la notion d’ié, la « maison », au sens de communauté de personnes partageant le culte des ancêtres et placée sous l’autorité incontesté du paterfamilias. Ce système, hérité de l’époque féodale, a été remis en cause par les réformateurs de l’immédiate après-guerre.

Le nouveau Code civil en 1947 reconnaît le principe du mariage fondé sur la seule volonté des époux et la femme n’est plus placée sous la tutelle de son mari. Celui-ci fait encore figure de patron du ménage, mais il n’exerce nullement un pouvoir absolu.

L’épouse dispose en fait d’une autorité et d’une liberté plus importante qu’on ne l’imagine. Entre hommes et femmes les règles du jeu sont assez précises et évoluent en fonction de l’âge et de la situation familiale. Ainsi, les destins de chacun sont tout tracés et suivent des voies parallèles.

Le garçon a pour mission de réussir dans la vie professionnelle et de subvenir aux besoins de sa famille et parfois, plus tard, de ses parents. C’est pourquoi il passe son enfance et sa jeunesse à étudier.

Femmes japonaises

Ce qui ne l’empêche pas de jouer et de dévorer des mangas. Dès qu’il aura obtenu un emploi, il consacrera son temps et son énergie à son entreprise qui constituera alors sa véritable famille.

La femme est successivement fille, épouse et mère. Fille, elle doit aider sa mère. Epouse, elle doit servir son mari. Mère, elle doit s’occuper de son fils. Les jeunes filles font souvent des études moins longues que les garçons puisqu’elles n’ont pas la hantise de l’emploi. A la sortie du lycée ou après deux ans de faculté, elles rejoignent les bataillons de ce que le Japon appelle les « office-ladies », ces OL qui meublent les bureaux des grandes sociétés, à la fois souffre douleur, bonnes à tout faire des cadres masculins et plantes décoratives.

Dévouées résignées, elles ne sont pas là pour faire carrière mais dans l’attente de trouver un mari. C’est leur plus bel âge. Elles vivent encore chez leur parent, économisent la moitié de leur salaire et dépensent l’autre en dévalisant les magasins ou en voyageant à l’étranger.

Evidemment il existe des exceptions qui deviennent de plus en plus courantes; des femmes chef d’entreprises, businesswomen, etc… A 25 ans, leur mères leurs diront qu’il est temps de se marier et leur collègues de bureau leur feront comprendre que le moment est venu de quitter la société.

Mère japonaise

Jadis tous les mariages s’effectuaient par arrangement. Mais nous avons déjà parlé de tout ça dans un article concernant le mariage japonais, c’est pourquoi je passerais sur ce sujet.

Le mariage est en fait davantage une association de deux personnes complémentaires que l’union de deux êtres qui s’aiment. Dès la naissance du premier enfant, la femme tire un trait sur la vie insouciante de sa jeunesse : elle a désormais un nouveau maître beaucoup plus accaparant que son mari. Celui-ci rentre tard le soir et le dimanche, il a davantage envie de se reposer que de jouer avec ses enfants.

A la maison, il a d’ailleurs rarement son mot à dire. La femme s’occupe de tout ; des dépenses du ménage et de l’éducation des enfants. Elle est le ministre des finances du foyer. Le mari lui remet son salaire et elle ne lui restitue que quelques yens d’argent de poche. Naguère, lorsqu’ils recevaient juste cent yens par jour, les maris étaient surnommés les hyaku yen teishu, « les maris de 100 yens ».

Quand les enfants sont à l’école, la femme occupe son temps libre en visitant les expositions et les boutiques à la mode et en suivant des cours de langues ou d’arrangements floraux dispensés dans d’innombrables centres culturels crées par les grands magasins, les journaux et les grandes compagnies.

Hokkaido

Lors de la vieillesse, la femme voit débarquer dans son univers un individu encombrant qui ne sait pas où se mettre et dont elle ne sait que faire ; son mari, subitement à la retraite et qui n’aspire qu’à retrouver un petit emploi pour ne pas s’ennuyer et continuer d’avoir l’impression d’être utile. C’est aussi l’époque ou les époux apprennent enfin à se connaître et à apprécier le bonheur de ne pas être seuls.

Evidemment tout cela change, de plus en plus de jeunes se marient par amour et se détachent de leurs parents. Dans les villes, les logements sont trop petits pour y accueillir les grands-parents. Les filles revendiquent les mêmes postes et des salaires identiques aux garçons. Les femmes n’entendent plus être de simples figurantes dans la société. Mais cette évolution prend du temps.

Au japon, comme on commence à le comprendre a travers notre quête de connaissance, les bouleversements se doivent de respecter l’harmonie.

Sayônara !