L’Osorezan

La nature hésite entre des paysages verdoyants, égayés de cascades, et des visions de fin du monde. L’enfer est là tout près, dans la péninsule de shimokita, sur cette bande de terre qui s’avance dans le détroit de Tsugaru. Très précisément, il se trouve sur les pentes du mont terrible, l’Osorezan.

Ce massif volcanique n’a rien d’humain. Il est désert et sinistre. Des bouillonnements s’échappent du sol et noient le décor sous des vapeurs lugubres. C’est le royaume des morts. Les âmes des trépassés rôdent en ce lieu. Et de vieilles sorcières aveugles, les itako, soudain possédées par l’esprit des morts, gémissent avec des voies d’outre-tombe.

L’Osorezan

Des milliers de pèlerins gravissent, chaque année, les pentes de l’Osorezan pour assister à d’étranges séances de nécromancie. Ils viennent écouter de la bouche de ces chamanes en transe des paroles se leurs défunts parents. Preuve que les Japonais ont conservé leur goût pour le surnaturel et la magie.

Les fêtes primitives abondent dans cette région ensevelie sous les neiges presque la moitié de l’année. C’est notamment le cas de la préfecture d’Akita, dont la capitale est célèbre pour la beauté de ses femmes.

Festival Namahage

Le 31 décembre au soir, les habitants de la péninsule Oga reçoivent la visite de diables couverts de paille, au visage caché derrière des masques terrifiants : c’est le festival Namahage. Se déplaçant par deux, les démons entrent dans les maisons pour effrayer les enfants ou la jeune épouse.

L’un porte un masque rouge et agite des feuilles de papier blanc pour indiquer qu’il arrive du monde des esprits. L’autre, avec un masque vert, brandit un long couteau avec lequel il frappe sur un seau en bois.

Lorsqu’ils ont achevés leur danse, le maître de la maison leur sert de larges rations d’alcool en les assurant que tout est en ordre chez lui et qu’ils peuvent s’en retourner.

Yokote

A Yokote, les enfants sont les rois de la fête des huttes de neige. Devant leur maison ou au bord des chemins, ils construisent des igloos à l’intérieur desquels ils se rassemblent en petite groupes. Ils mangent des gâteaux, font des offrandes au dieu de l’eau et invitent les passants à entrer se réchauffer et boire un bol d’amasake, une boisson sucrée, légèrement alcoolisée à basse de riz.

Tôt le lendemain matin, des jeunes gens parcourent les rues, au milieu des tempêtes de neige, pour le festival des bonten, perches de bambous de 3 mètres de haut au sommet desquelles sont juchées de volumineuses décorations en tissus de cinq couleurs.

Sayônara !