La mer intérieure japonaise

Toute en longueur, la mer intérieure s’étire sur environ 500 km d’Osaka aux côtes de Kyushu, entre l’île principale de Honshu et celle de Shikoku. Comme je vous l’ai dit précédemment sa largeur n’excède pas 60 km et atteint à peine 7 km dans sa partie la plus étroite !

Elle apparaît comme une succession de petites mers, séparées par des détroits et agrémentées de centaines d’îles, sauvages ou habités, tous recouvertes de verdure. La mer intérieure semble avoir été formée par un affaissement de terrain de la zone volcanique de Seto.

Elle couvre une surface de plus de 8000 km2 et sa profondeur est rarement supérieure à 40 mètres. Une eau calme et bleue, un climat très doux, de paisibles villages de pêcheurs, la mer intérieure ou Setonaikai, offre un décor superbe. On la compare parfois à la méditerranée.

La mer intérieure japonaise

Berceau culturel, mer nourricière située au cœur du pays, cette mer semble être avec ses îles un japon en taille réduite ! L’existence semble s’y écouler à un rythme tranquille. Il faut savoir prendre son temps pour en apprécier le charme.

L’île de Awajishima, la plus grande, est la patrie du Bunraku adopté ensuite par Osaka. Un petit théâtre, près du port de Fukura, entretient la tradition, vieille de plus de quatre cent ans, avec des marionnettes dont certaines ont plus de 100 ans ! Un peu notre guignol à nous…

Le tristement célèbre tourbillon formé par les courants dans le détroit de Naruto est un lieu propice au suicide… Mais aussi un lieu de prédilection pour les amateurs de Sashimi; les daurades y sont excellentes.

La mer intérieure japonaise

L’île de Shodoshima, plantée d’oliviers, est le principal centre de production d’huile de soja, le shoyu, qui accompagne la plupart des plats japonais. On trouve aussi des truffes sur cette île, la deuxième de la mer intérieure, où le site de Kanka Kei fait curieusement penser au grand canyon…

Le sanctuaire Oyamazumi de l’île de Omishima, dédié au frère aîné de la déesse du Soleil, daterait du VIIIème siècle. Il renferme une somptueuse collection de sabres et d’armures dont certaines remontent à plus de mille ans. 80% des armures classée « biens culturels » sont conservées ici.

Mais la mer intérieure n’est plus une zone aussi calme que par le passé. Ses côtes le long de Honshu sont une succession de zones industrielles et le littoral est du Shikoku va sans doute connaître le même sort si ce n’est déjà fait.

L’aéroport du Kansaï

Les entreprises qui étouffent dans la région d’Osaka s’installent de plus en plus sur les terrains vierges des côtes qui lui font face. D’immenses ponts, dont la construction a demandé une dizaine d’années, enjambent, désormais, la mer intérieure, en jouant à saute-mouton avec les îles.

L’aéroport du Kansaï s’installe sur une île artificielle reliée à Osaka par un pont routier et ferroviaire de plus de 5 km ! Les îles perdent donc de plus en plus leur caractère insulaire…

Quand la modernité se confronte au patrimoine naturel et culturel, c’est bien malheureusement toujours le même qui remporte la bataille…

Sayônara !