Raffiné, insolite, il en appelle fondamentalement aux deux sens, la vue et le toucher. Par son savant dosage entre l’utilitaire et l’esthétique, la simplicité et l’ingéniosité, il déconcerte quelque peu.

Artisanat japonais

Il est d’abord une parfaite alliance entre forme et matière ; de celle-ci il met en avant le sens caché. D’où ces formes curieuses qui vont au-delà de l’essentiel. Chez l’armurier, le tourneur, le fabricant d’éventails ou le décorateur de lanternes, chacun de ses traits se fait éclatant, grâce à un vénérable savoir-faire. Concernant les textiles : un artiste contemporain, Kubota Itchiku a ressuscité l’ancienne technique employée à la période MuroMachi et qui connu son apogée à celle de Momoyama : la soie était nouée avant la teinture.

Les résultats sont superbes, et il a recréé ainsi les tissus de lumière que l’on admire dans les kimonos. Déjà, au 17ème siècle, l’impression des tissus était évoluée au point que les artisans pouvaient être comparés à des peintres. Les tisserands avaient pris rang parmi les premiers artisans du Japon ancien : les techniques de tissage provenant de Chine, leur avaient été transmises par les Coréens au 9ème siècle. Les décorations et les broderies se sont transformées sous l’impulsion de Yugensai, qui, au 17ème siècle, se révéla être un créateur hors pair. Le coton fut planté à cette époque, venant tard sur un marché dominé par la soie.

Se prêtant bien à la teinture, il favorisa néanmoins le développement de tissus simples, mais supportant une infinité de motifs. Aujourd’hui encore, certains métiers à tisser produisent des métrages selon les méthodes de jadis et copient les motifs floraux qui illuminaient les brocarts de la cour.

Artisanat japonais

Penchons-nous ensuite sur la céramique. Depuis la préhistoire, la céramique, malgré l’évolution de la forme, est demeurée d’une exceptionnelle qualité. Presque élémentaire au début, orné d’un simple décor dit « à cordes », la poterie s’est peu à peu agrémentée de galbes, de stries, d’évasements qui soulignaient les lignes des vases et des coupes.

Si l’influence chinoise fut considérable,les potiers japonais, conduits par la nécessité de répondre aux besoins locaux, développèrent un style propre : Raku. Une poterie émaillée aux tons essentiellement verts, marron et jaunes fut produite en grande quantité jusqu’au 14ème siècle. Les cérémonies du thé nécessitaient pour leur part une céramique abondante et variée, mais sans excès de fioritures.

La porcelaine imita longtemps celle de la Corée. Elle connut durant la période Edo un essor rapide et au 17ème siècle, les fours japonais se forgèrent une réputation de perfection jamais démentie. Peut-être plus attrayante, plus brillante, la porcelaine de pâte fine rivalisa au 18ème siècle avec les productions chinoises ou occidentales…

Artisanat japonais

Les netsuke, destinés au départ à retenir la ceinture des hommes à laquelle étaient attachés de petits objets tels que blague à tabac, sceau, boîte de pilule, sont devenus des objets de collection. Ces boutons étaient finement sculptés par des artisans qui, signant leurs productions, s’apparentaient en fait à des orfèvres.

Les matériaux employés varient selon les régions et les époques : bois, ivoire, os ou métal, ambre. Avec humour et finesse, ils donnaient aux objets les formes les plus diverses : fleurs, animaux, démons, dieux ou masques. Cinq catégories de Netsuke peuvent être distinguées : tous cependant sont le plus souvent des œuvres d’art en miniature. Bien que confectionnés à des milliers d’exemplaires, ils furent l’objet d’un véritable engouement de la part des collectionneurs.

Cet article confirme une fois de plus à quel point la nation japonaise est un peuple d’orfèvre du quotidien….

Sayônara !