Ils ont terminé les années 80 en travaillant 2150 heures par an dans l’industrie, soit 500 heures de plus que les Français. Et la semaine de 40h était devenue l’objectif à atteindre pour l’année 1993. En 1986, le ministère du Travail multiplie les campagnes de publicité afin d’inciter les Japonais à lever le pied.

Theatre japonais

Pour forcer le mouvement, des mesures autoritaires ont été prises : depuis 1989, les fonctionnaires de la plupart des ministères sont priés de rester chez eux le samedi et les banques ferment leurs guichets ce jour-là.

Une nouvelle époque avait donc commencé, celle du yutori, de la belle vie, du farniente. Les distractions traditionnelles se développent et de nouveaux types de loisirs apparaissent.

Dès qu’ils ont un moment de libre, les Japonais courent dans les grands magasins pour acheter, mais ils vont aussi visiter des expositions. Amateurs de musique classique, ils remplissent les salles de concert géantes situées dans tout l’archipel et réservent un accueil triomphal aux virtuoses étrangers.

Hanami

Chaque saison est prétexte à des fêtes et à de grands rassemblements. Au printemps, ils se réunissent en petits groupes sous les cerisiers pour le hanami. Assis sur des couvertures, ils passent des heures à contempler leur fleur préférée et à boire du saké. D’une manière générale, l’observation de la nature plonge toujours les Japonais dans un bonheur profond.

C’est un de leurs passe-temps préférés. Les fleurs illustrent d’ailleurs le hanafuda, jeu de cartes traditionnel très prisé dans les familles. C’est aussi ce désir de communion avec la nature qui amène les Japonais à se détendre dans les onsens, ces milliers de sources chaudes qui jaillissent dans tout le pays.

La plupart sont exploitées par des ryokan, auberges traditionnelles dans lesquelles les citadins viennent se détendre pendant un ou deux jours en oubliant le bruit et les horaires épuisants.

Un rotenburo

Le comble de l’extase est de s’immerger dans le rotenburo, le bain creusé en plein air au milieu des rochers et de la verdure, puis d’admirer les pétales de fleurs flottant à la surface de l’eau ou les flocons de neige tourbillonnant au-dessus des têtes.

De tout temps, les Japonais ont été de grands joueurs. Ils peuvent passer des nuits à jouer au mah-jong. Avec le shogi et le go, ils révèlent leur sens de la stratégie et de l’occupation de l’espace.

Ce sont aussi des flambeurs qui dépensent des fortunes à la loterie ou dans les courses de chevaux ou de hors-bord.

Base-ball japonais

Le base-ball est le sport national depuis plus d’un siècle et, en août, tout le pays vit dans la fièvre à l’occasion du grand tournoi des clubs de lycée.

Les personnes âgées se sont découvert une vraie passion pour le gate-ball, une sorte de croquet.

Treize millions de personnes dont deux de femmes se ruinent au golf et des dizaines de millions d’autres rêvent de pouvoir adhérer à un club. Comme la place est rare et chère, elles s’entraînent au bureau, sur les quais de gare, sur les toits des immeubles et vont jouer dans les montagnes, les îles, à Hawaï ou plus loin à l’étranger.

Disneyland japonais

Les parcs de loisirs et les stations touristiques en bord de mer ont poussé comme des champignons. Des sites qui jusqu’alors étaient préservés et d’adorables villages de pêcheurs sont à présent défigurés par les promoteurs sous prétexte que les Japonais ne vont dans un endroit que s’ils y trouvent une attraction du type marineland, fête foraine ou parc de science-fiction.

Le Disneyland de Tokyo est devenu le troisième lieu le plus fréquenté au Japon. Avec plus de 10 millions d’entrées par an, il a le même nombre de visiteurs que Kyoto. Trois fois par an, plus de 50 millions de personnes soit un japonais sur deux, prennent le train ou l’avion en même temps.

Cette formidable bousculade nationale a lieu le 1er de l’an, durant la Golden Week et lors de la fête des morts, obon, début août. Les voyages au Japon coûtant trop cher, les Japonais n’hésitent plus à s’enfuir quelques jours à l’étranger…

Sayônara !