Ise-Shima

C’est à Ise-Shima que bat le cœur mystérieux du Japon éternel, perdu sur une presqu’île doucement vallonnée où serpentent de petits ruisseaux, enfoui au milieu de paisibles forêts de pins et de cyprès géants. Il n’y a ici ni or, ni peinture, rien d’autre à voir que de simples cabanes en bois.

Nous sommes loin des extravagances architecturales de Nikko. Ici, le Japon semble continuer à avoir rendez-vous avec la nature, il se confond avec elle dans cette intimité poétique et mythique qui fonde ses origines.

Pour le Japon, qui se considère comme une création des dieux qui hantent la nature, Ise est un lieu sacré qui leur est dédié. Son double sanctuaire Shinto, dont l’histoire remonte au Ve siècle est le plus vénérable du pays.

Ise-Shima

Le Naïku, ou sanctuaire intérieur, est dédié à Amaterasu Omikami, la déesse du Soleil dont descendrait la lignée impériale.

Le Geku, ou sanctuaire extérieur, est dédié à Toyouke Omikami, la déesse des Moissons. Le sanctuaire le plus vénéré est Naiku. Ce n’est qu’une simple baraque sans ornement, en bois de cyprès non traité, montée sur pilotis et couverte d’un toit de chaume. Son architecture ²est celle de l’époque préhistorique Yayoi de l’âge de bronze.

A l’intérieur est déposé l’un des trois joyaux ou attributs du pouvoir impérial : le miroir que la déesse Amaterasu confia à son petit fils Ninigi-no-Mikoto lorsque celui-ci descendit prendre possession du Japon. Le Naiku est entouré de quatre palissades que seuls l’empereur ou le grand prêtre shinto mandaté par lui peuvent franchir.

Les pèlerins doivent se contenter de rêver devant la cabane renfermant le trésor invisible censé les relier aux dieux. Ce bâtiment et celui de Geku sont détruits et rebâtis à l’identique tous les 20 ans, quelques mètres plus loin - une démarche symbolique aux yeux des japonais, pour lesquels la permanence des choses est transcendée par leur perpétuelle résurrection.

Ise-Shima

Ainsi, la reconstruction de 1974 a-t-elle été suivie par celle de 1994, et il n’y a aucune raison pour que ce cycle soit un jour interrompu. Après avoir médité sur ses racines, le Japonais quitte ce site grandiose pour aller admirer les côtes de la baie d’ISE.

À Futami, près du rivage, deux rochers sont reliés par une grosse corde sacrée qui est remplacée tous les ans. Ces rochers « mariés » évoquent Izanagi et Izanami, le premier couple de Kamis qui aurait donné naissance aux îles du Japon et aux autres Dieux.

Une petite île, face au port de Toba, est devenue un lieu mythique pour les élégantes du monde entier quand, à la fin du siècle dernier, Mikimoto Kokichi y réussit pour la première fois à produire artificiellement des perles.

Un lieu rempli de légendes qui donne envie d’aller y jeter un coup d’œil !

Sayônara !