Bol de riz

Car si le comportement des Japonais s’est assoupli grâce aux années et à l’influence du monde occidental, il n’en reste pas moins le pays où même les individus les plus incontrôlables respectent les usages liés à l’étiquette. Bien sûr l’étranger en visite au Japon fera sûrement des erreurs de protocoles, qui lui seront pardonnées. Dans la plupart des situations, afin d’éviter des erreurs grossières, il suffit d’imiter les gens qui se trouvent autour de soi…

En ce qui concerne l’hygiène, ils sont très à cheval sur la propreté. On sait qu’il est interdit de pénétrer dans un bain commun avec des traces de savon sur le corps, de même que conserver ses chaussures aux pieds pour entrer dans une maison est impardonnable.

A table, les règles consistent à ne jamais toucher avec ses baguettes un aliment qui se trouve dans un plat et que l’on ne mangerait pas, et à ne pas planter ses baguettes dans le bol de riz (ce geste est réservé aux rites qui accompagnent les enterrements). Evitez de manger en pleine rue, même si de plus en plus de jeunes le font sans problèmes, c’est encore mal perçu par l’ancienne génération.

Japonaise sur un vélo

Par contre, déjeuner dans les transports en commun, comme le train, ne pose aucun problème. On peut renifler ou manger bruyamment, cela n’enfreint pas l’étiquette ; par contre, se moucher ou émettre tout autre son naturel est extrêmement déplacé (un japonais ne se mouche jamais en public).

Au Japon, les personnes âgées sont très respectées, cela est dû au passé shintoïste de la nation. C’est l’une des règles fondamentales de la société japonaise. On respecte certes, ceux qui sont clairement au-dessus de soi (grands parents, parents, patrons…) mais aussi ceux qui n’ont qu’une ou deux années de plus.

Il est important de connaître le rang et la situation de chacun afin de s’adresser correctement à eux, car dans la langue japonaise, ceux qui se trouvent hiérarchiquement en dessous ou au-dessus ne portent pas le même nom. Attention, il nous faut en tant qu’Occidental oublier la traditionnelle poignée de main en guise de salutation. En effet, le salut usuel est la courbette. Dans l’ascenseur ou dans les lieux de proximité, la bienséance veut que l’on y réponde, en tant qu’étranger, par un sourire rapide.

Cérémonie du thé

Par ailleurs, de manière générale, le langage du corps doit être le plus discret possible. Assis, on n’oriente pas ses pieds vers quelqu'un. On parle plutôt bas et on replie les jambes sous soi lorsqu’on se met à table.

Étant donné la concentration de population au m² dans les grandes villes, toutes ces règles permettent de préserver l’espace privé de chacun. La population japonaise est assez compartimentée et les deux sexes ne se mélangent guère.

Autant les hommes entre eux peuvent être très amicaux, voir tactiles, autant les contacts homme/femme dans des lieux publics sont extrêmement rares. Se tenir la main est presque trop osé, sans parler du baiser qui est considéré comme un acte sexuel et qui est donc réservé à l’intimité du couple. Néanmoins, le sexe n’est pas tabou, mais se doit d’être discret.

Temple japonais

On va enfoncer une porte ouverte, mais les règles qui sont liées aux chaussures sont importantes à respecter. Toujours les retirer avant de pénétrer quelque part. Si les pantoufles disposées à votre égard à l’entrée ne vous conviennent pas pour une raison x ou y, entrez en chaussettes. Il est donc logique que vous ne marchiez pas dehors en chaussettes. Le but étant de ne pas contaminer l’intérieur avec les saletés extérieures.

La société japonaise est empreinte de paradoxes. En effet, les Japonais ont la réputation d’être réservés, mais l’extrême rigidité de la cérémonie du thé cohabite néanmoins avec des attitudes bien plus débridées le soir dans les bars. Leur comportement social est assez complexe. Il est souvent dicté par la situation, le lieu ou les personnes présentes.

Il ne faut pas non plus se méprendre sur le comportement de certains guides qui peuvent paraître autoritaires, cela est dû au fait qu’ils parlent anglais avec les intonations japonaises. De règles générales, si vous discutez avec un japonais, il ne faut pas entrer en conflit ou abaisser son interlocuteur. Pour le japonais, le dialogue est une manière de rentrer en contact, mais non un espace de débat.

Dernier point, au Japon on ne donne pas de pourboire, car il pourrait être perçu comme une offense à la fierté nationale…

Sayônara !