Enfant japonais

Le premier anniversaire était dans la vie d’un enfant comme dans celle de ses parents, une occasion de grande réjouissance, même chez les gens les plus pauvres. Les amis de la famille offraient alors au bébé ses premiers jouets, généralement des poupées en bois ou en chiffon, ou des petits chiens en terre cuite.

L’âge était calculé de la manière suivante : à sa naissance, le bébé était censé avoir déjà vécu un an, puis au début de l’année suivante, celle de la naissance, on lui attribuait un an de plus. Ainsi un bébé né le dernier jour d’une année était dès le lendemain âgé de deux ans. Lorsque l’enfant commençait à bien parler, généralement vers cinq ans pour les garçons et quatre pour les filles, avait lieu la cérémonie de la coupe des cheveux appelée Kamisogi.

On mettait l’enfant debout sur un échiquier de jeu d’Igo et l’on procédait à l’opération avec des ciseaux. On se contentait généralement de raccourcir les cheveux, les mèches coupées étaient placées sur un plateau. Dans les campagnes, cette coutume n’était pas trop observée. On rasait les cheveux des garçons quand ils avaient trop de poux.

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Quant aux filles, elle gardaient généralement leur chevelure entière, elles ne devaient les couper que si elles renonçaient au monde ou devenaient veuves et ne désiraient pas se remarier. Les jeux des petits Japonais étaient les mêmes que ceux des enfants du reste du monde.

Tout petits, ils s’amusaient avec des poupées de bois, de chiffon ou de paille, avec des figurines en terre cuite peinte, parfois montées sur roues et qu’ils traînaient derrière eux. Pendant l’été, les petits garçons allaient tout nus, surtout dans le peuple.

A partir d’un certain âge, on les habillait d’une sorte de kimonos très court attaché à la taille par une ceinture d’étoffe cousue au vêtement, et tout juste suffisant pour cacher le caleçon en grosse toile de chanvre, qu’il leur arrivait de porter.

Très souvent les filles et les garçons étaient coiffés et habillés de la même manière et il était difficile, à première vue, surtout chez les enfants de classes ordinaires, de distinguer à quel sexe ils appartenaient. Vers sept ans avait lieu une petite cérémonie familiale destinée à consacrer leur véritable sortie de l’enfance.

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Les garçons revêtaient alors pour la première fois un Hakama, une sorte de pantalon très large fendu sur les côtés et passé par dessus le kimono, et les filles un véritable kimono. Dès lors, le garçon avait le droit de porter une coiffure faite d’un triangle de papier ou de tissu noir raidi attaché sur le haut du front par un ruban : c’était sa première coiffure.

Les enfants étaient alors libres de circuler et relativement peu surveillés, on leur laissait faire ce qu’ils voulaient. Ils étaient très rarement battus, lorsqu’ils faisaient une bêtise, on se contentait de les gronder sévèrement. Les enfants étaient presque considérés comme sacrés : on croyait que certaines divinités aimaient s’incarner sous leur forme…

Dès les premiers beaux jours, les enfants vivaient quasiment dehors. Ils se livraient à une multitude de jeux : courses sur échasses, concours de lutte et toutes sortes de jeux en équipes…. La plupart du temps, les enfants des deux sexes jouaient ensemble. Les enfants aimaient à la chasse à la luciole ou autres insectes, ils fabriquaient toute sortes de petites boîtes pour abriter leurs trouvailles.

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Les filles aimaient réunir les lucioles dans des petites cages, elles ne les tuaient jamais. Car une légende disait que les lucioles étaient les âmes errantes des personne décédées. Chez les nobles, les enfants allaient tôt à l’école. L’éducation des filles était un peu négligée, on se bornait à leur apprendre à lire et écrire les kana, signes syllabiques au nombre de 51.

Celle des garçons était plus sévère, en plus de la littérature et de l’écriture chinoise, il leur fallait apprendre par cœur de nombreux classiques chinois, les sûtra bouddhiques et les anciens poèmes contenus dans les anthologies de poésie ancienne. Pour les enfants du peuple, c’était différent : la plupart ne savait ni lire ni écrire. En revanche, ils avaient beaucoup à apprendre sur le plan pratique.

Ils suivaient leurs parents dans tous leurs travaux, aux champs ou à la maison… Pour les filles, elles devaient avant tout bien se pénétrer de leur devoir de future épouse. Leur tâche principale était d’élever leurs petits frères et sœurs…

Sayônara !

Source : "La vie quotidienne au temps des samouraï, 1185-1603", de Louis FRÉDÉRIC