Le costume japonais

Les romans de la fin de l’époque de Heian mettent l’accent sur la manière de se vêtir des personnages qu’ils décrivent, ainsi que leurs goûts en matière de couleurs. Si, pour les simples guerriers et pour le peuple, l’élégance ne semble pas avoir été une préoccupation absorbante, il en allait tout autrement des nobles et des fonctionnaires impériaux qu’une étiquette très stricte obligeait à attacher une grande importance à leur manière de se vêtir et de se coiffer.

L’habit était alors signe de rang et de fonction. Il était aussi par la qualité des tissus utilisés, signe de richesse. Les nobles rivalisaient entre eux d’élégance, c'est-à-dire de bon goût, selon des critères dictés à la fois par leur sensibilité esthétique et les règlements officiels. Les rangs de la cour se distinguaient principalement par le port d’un chapeau de tissu de soie laquée et raidie, appelé Kammuri.

Il se composait d’une calotte basse sans bord, à l’arrière de laquelle se dressait une sorte de tube enfermant la touffe de cheveux se trouvant sur le sommet du crâne. Ce tube raidi était serré à la base et tenait ferme le toupet du cheveu. Enfin, deux queues plates et tissées en crins de cheval ou en gaze de soie pendaient dans le dos.

Le costume japonais

Les couleurs de ces coiffures devaient être pour les rangs les plus hauts, violet foncé et clair, puis par ordre descendant, vert foncé et clair, raisin foncé et clair, enfin noir. La petite noblesse ne pouvait porter qu’une coiffure noire. Les costumes de cour étaient essentiellement composés d’un ou de plusieurs pantalons très larges ou hakama et de robes de dessous à manches très courtes et de robes de dessus.

L’hiver, toutes les pièces des vêtements étaient doublées ou ouatinées. L’été, elles étaient coupées dans des tissus plus légers. Enfin pour les guerriers venaient les armes : un sabre pendu horizontalement à la ceinture, un arc dissymétrique de petite dimension et décoré de laque noir et or. Afin de marcher plus aisément, ils relevaient leur traîne dont l’extrémité était fixée à la ceinture sous le sabre.

Cependant, au 13e siècle, ce costume fut quelque peu simplifié et la traîne supprimée. Le costume de demi-cérémonie était adopté tous les jours, pour la visite des lieux saints et des cérémonies privées. Ils revêtaient parfois à la place de la robe de dessus, une blouse ample serrée par une ceinture. Lorsque ces fonctionnaires ainsi vêtus entraient dans une maison, ils retiraient leurs chaussures et glissaient leurs pieds dans les jambes de leurs pantalons.

Le costume japonais

Marchant ou plutôt glissant sur ceux-ci comme dans des sacs. Dans l’intimité, les grands nobles troquaient leur Kammuri contre un haut Eboshi de gaze de soie noire laquée. Hommes et femmes se couchaient généralement tout habillés, n’enlevant que leur robe de dessus et leur hakama de brocart.

Afin de ne pas risquer de déranger leur coiffure, ils reposaient leur nuque sur un oreiller en bois. Les femmes de la haute noblesse étaient luxueusement vêtues de soierie. Par-dessus un hakama rouge, elles revêtaient de nombreux kimonos ou robes très longues ouvertes sur le devant et qui traînaient sur le sol, la robe supérieure, plus riche que les autres, faisait office de traîne.

Ces kimonos étaient disposés de telle manière qu’ils laissaient apercevoir toutes les couleurs en superposition. L’hiver, les robes étaient très épaisses, molletonnées et les robes de dessous, Kosode, étaient portées en plus grand nombre. L’été, les femmes revêtaient des kimonos plus légers. Chez elles, elles ne portaient alors, par-dessus leur hakama de soie légère, qu’un Kosode et un ample kimono de gaze transparente.

Sayônara !